Acte second
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Je vous l’ai déjà dit; il vous aimait, Seigneur;
II aurait avec vous partagé fa grandeur;
Du Sénat à vos pieds la fierté prosternéeAurait...
Titus.
J’ai vu fa cour, 8c je l’ai dédaignée.
Je pourrais, il est vrai, mendier son appui,
Et son premier esclave être tyran sous lui ;
Grâce au ciel ! je n’ai point cette indigne íaibleste :Je veux de la grandeur, 8c la veux fans bassesse.
Je sens que mon destin n’était point d’obéir,
Je combattrai vos rois, retournez les servir.
A r o N S.
Je ne puis qu’approuver cet excès de constance ,Mais songez que lui-même éleva votre enfance ;
II s’cn souvient toujours: hier encor, Seigneur,
En pleurant avec moi son fils 8c son malheur;Titus, me disait-il, soutiendrait ma famille yEt lui seul méritait mon Empire 8c ma fille.
Titus en Je détournant.
Sa fille! Dieux! Tullie? O vœux infortunés!
A r o n s en regardant Titus.
Je la ramène au roi que vous abandonnez :
Elle va, loin de vous 8c loin de fa patrie, .Accepter pour époux le roi de Ligurie.
Vous cependant ici servez votre Sénat,
Persécutez son père, opprimez son Etat ;
J’espère que bientôt ces voûtes embrasées,
Ce Capitule en cendre, 8c ces tours écrasées,
Du Sénat ?c du peuple éclairant les tombeaux,
A cet hymen heureux vont servir de flambeaux.
Théâtre. Tom, I. Y