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Tome premier.
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336 B r u t u s.

A R O N S.

Ne vous flattez-vous point d’un charme imaginaire?Seigneur, ainsi qu’à vous la liberté m’est chère;Quoique né fous un roi j’en goûte les appas ;

Vous vous perdez pour elle, S: n’en jouissiez pas.

Est-il donc, entre nous, rien de plus despotiqueQue l’esprit d’un Etat qui passe en République ?

Vos lois font vos tyrans : leur barbare rigueurDevient sourde au mérite, au sang, à la faveur,

Le Sénat vous opprime, 8c le peuple vous brave?

II faut s’en faire craindre, ou ramper leur esclave.

Le citoyen de Rome, insolent ou jaloux,

Ou hait votre grandeur, ou marche égal à vous.Trop d’éclat l’essarouche ; il volt d’un œil sévère,Dans lebienqu’on lui fait, le mal qu’on lui peut faire,Et d’un bannissement le décret odieuxDevient le prix du sang qu’o n a versé pour eux.

Je sais bien, que la cour, Seigneur, a ses naufrages;Mais ses jours font plus beaux, son ciel a moins d’orages.Souvent la liberté dont on se vante ailleurs,

Etale auprès d’un roi ses dons les plus flatteurs.

II récompense, il aime, il prévient les services;

La gloire auprès de lui ne fuit point les délices.Aimé du souverain, de ses rayons couvert,

Vous ne servez qu’u n maître, Sc le reste vous sert.Ebloui d’un éclat qu’il respecte Sc qu’il aime,

Le vulgaire applaudit jusqu’à nos fautes même ;

Nous ne redoutons rien d’un Sénat trop jaloux,

Et les sévères lois se taisent devant nous.

Ah ! que né pour la cour, ainsi que pour les armes,Des faveurs de Tarquin vous goûteriez les charmes !

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