Band 
Tome premier.
Seite
353
JPEG-Download
 

Acte troisième.

353

M’opprimer, me chérir, détester mes bienfaits ;

Ce font-là mes malheurs, 8c voilà tes forfaits.

Ouvre les yeux, Titus, 8c mets dans la balanceLes refus du Sénat, 8c la toute-puissance.

Choisis de recevoir ou de donner la loi,

D’un vil peuple ou d’un trône, Sc de Rome ou de moi.Inspirez-lui, grands Dieux ! le parti qu’il doit prendre.

Titus en lui rendant la lettre.

Mon choix est fait.

T U L L I E.

Hé bien ? crains-tu de me l'apprendre ?Parle, ose mériter ta grâce ou mon courroux.

Ouel fera ton destin ?...

Titus.

D'être digne de vous ;

Digne encor de moi-même, à Rome encor fidelle ;Brûlant d’amour pour vous, de combattre pour elle ;D’adorer vos vertus, mais de les imiter ;

De vous perdre, Madame, 8c de vous mériter.

T u L L i E.

Ainsi donc pour jamais.

Titus.

Ah! pardonnez, Princesse:Oubliez ma fureur, épargnez ma faiblesse ;

Ayez pitié d’un cœur de foi-même ennemi,

Moins malheureux cent fois quand vous Pavez haï.Pardonnez, je ne puis vous quitter, ni vous suivre.

Ni pour vous, ni sans vous, Titus ne saurait vivre ;Et je mourrai plutôt qu’un autre ait votre foi.

Théâtre. Tom, I. Z

i