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B R U T U S.
T u l l i e en donnant la lettre.
Lisez, rendez heureux, vous, Tullie, 8c mon père.
( tandis qu il lit. )
Je puis donc me flatter.... mais quel regard sévère !D’où vient ce morne accueil, 8c ce front consterné?Dieux !....
T I T U S.
Je suis des mortels le plus infortuné,
Le fort dont la rigueur à m’accabler s’attache,
M’a montré mon bonheur 8c soudain me l’arrache ;
Et pour combler les maux que mon cœur a soufferts ,
Je puis vous pofleder, je vous aime, 8c vous perds.
Tullie.
Vous, Titus ?
Titus.
Ce moment a condamné ma vieAu comble des horreurs ou de l’ignominie ,
A trahir Rome ou vous ; 8c je n’ai déformaisOue le choix des malheurs , ou celui des forfaits.Tullie.
Que dis-tu ? quand ma main te donne un diadème ,Quand tu peux m obtenir, quand tu vois que je t’aime ;Je ne m’en cache plus : un trop juste pouvoir,Autorisant mes vœux, m’en a fait un devoir.
Hélas ! j’ai cru ce jour le plus beau de ma vie ;
Et le premier moment où mon ame raviePeut de ses fentimens s’expliquer fans rougir ,
Ingrat, est le moment qu’il m’en faut repentir.
Que m’ofes-tu parler de malheur 8c de crime?
Ah ! servir des ingrats contre un roi légitime,
M’opprimer,