Acte troisième. 35 7
Ah ! cache , si tu peux , ta fureur 8c tes larmes.
M e s s A L A.
Je plains tant de vertus , tant d’amour 8c de charmes ;Un cœur tel que le sien méritait d’être à vous.
Titus.
Non, c’en est fait ; Titus n’en fera point l'époux.
M e s s A L A.
Pourquoi ? Ouel vain scrupule à vos désirs s’oppofe ?Titus,
Abominables lois que la cruelle impose !
Tyrans que j'ai vaincus, je pourrais vous servir!Peuples que j’ai sauvés , je pourrais vous trahir !L’amour dont j'ai six mois vaincu la violence,L’amour aurait fur moi cette affreuse puissance !J’exposerais mon père à ses tyrans cruels !
Et quel père ! Un héros, l’exemple des mortels ,
L’appui de son pays , qui m’instruisit à l’être ,
Que j’imilai ; qu’un jour j’euffe égalé peut-être.Après tant de vertus, quel horrible destin !
M E s s A L A.
Vous eûtes les vertus d’un citoyen Romain ,
II ne tiendra qu’à vous d’avoir celles d’un maître ;Seigneur, vous ferez roi dès que vous voudrez l’être.Le ciel met dans vos mains, en ce moment heureux sLa vengeance, l'Empire, 8c l’objet de vos feux.
Que dis-je? ce consul, ce héros que l’on nommeLe père, le soutien, le fondateur de Rome ,
Oui s’enivre à vos yeux de l’encens des humains,Sur les débris d’un trône écrasé par vos mains ;
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