Acte quatrième. 363
Rome remportera , je le sais ; mais enfinJe ne puis séparer Tullie 8c mon destin.
Je respire , je vis , je périrai pour elle.
Prends pitié de mes maux , courons , & que ton zèleSoulève nos amis, rassemble nos soldats.
En dépit du Sénat , je retiendrai ses pas ;
Je prétends que dans Rome elle reste en otage :
Je le veux.
M E S S A L A.
Dans quels foins votre amour vous engage !Et que prétendez-vous par ce coup dangereux,
Oue d'avouer fans fruit un amour malheureux ?
Titus.
Hé bien, c’est au Sénat qu'il faut qne je m’adresse.Va de ces rois de Rome adoucir la rudesse ;
Dis-leur que l’intérêt de l’Etat, de Brutus....
Hélas ! que je m'emporte en desseins superflus !
M E s s a L A.
Dans la juste douleur où votre ame est en proie ,
II faut pour vous servir....
Titus.
II faut que je la voie ;
II faut que je lui parle. Elle passe en ces lieux ;
Elle entendra du moins mes éternels adieux.
M E S S A L A.
Parlez-lui, croyez-moi.
Titus.
Je fuis perdu, c’est elle.