Acte quatrième, 367
Oui, je vis pour toi seul, oui, je te le confesse;Mais malgré ton amour, mais malgré ma faiblesse ;Sois fur que le trépas m’infpire moins d’effroi,
Oue la main d’un époux qui craindrait d'être à moi ;Qui fe repentirait d’avoir servi son maître ;
Que je fais Souverain; Sc qui rougit de l’être.
Voici Tinstant affreux qui va nous éloigner.Souviens-toi que je t’aime, Sc que tu peux régner.
L’Ambassadeur m’attend ; consulte, délibère:
Dans une heure avec moi tu reverras mon père.
Je pars, Sc je reviens fous ces murs odieux ,
Pour y rentrer en Reine, ou périr à tes yeux.
Titus.
Vous ne périrez point. Je vais-
T U L L I E.
Titus , arrête ;
En me suivant plus loin, tu hasardes ta tête;On peut te soupçonner : demeure, adieu, résousD’être mon meurtrier, ou d’être mon époux.
SCENE IV.
TITUS seul.
1 u l'emportes, cruelle, Sc Rome est asservie ,Reviens régner fur elle , ainsi que fur ma vie.Reviens, je vais me perdre, ou vais te couronner ;Le plus grand des forfaits est de t’abandonner.
Qu'o n cherche Messala : ma fougueuse imprudenceA de son amitié lassé la patience.
Maîtresse, amis, Romains, je perds tout en un jour.