B R U T U S.
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Tu verras qu'une femme, à tes yeux méprisable,Dans ses projets au moins était inébranlable ;
Et par la fermeté dont ce cœur est armé ,
Titus , tu connaîtras comme il t’aurait aimé.
Au pied de ces murs même où régnaient mes ancêtresDe ces murs que ta main défend contre leurs maîtres,Où tu m’ofes trahir, 8c m’outrager comme eux ;
Où ma foi fut séduite , où tu trompas mes feux ,
Je jure à tous les dieux qui vengent les parjures,Que mon bras , dans mon sang effaçant mes injures,Plus juste que le tien, mais moins irrésolu,
Ingrat, va me punir de t’avoir mal connu ;
Et je vais....
Titus l'arrêtant.
Non, Madame, il faut vous satisfaire.
Je le veux, j'en frémis, 8c j’y cours pour vous plaire.D’autant plus malheureux, que , dans ma passion,Mon cœur n’a pour excuse aucune illusion ;
Que je ne goûte point dans mon désordre extrême,Le triste 8c vain plaisir de me tromper moi-même;Que P amour aux forfaits me force de voler ;
Oue vous m’avez vaincu fans pouvoir m’aveugler;
Et qu’encore indigné de l’ardeur qui m’anime,
Je chéris la vertu, mais j’embraíTe le crime.
Haïssez - moi, fuyez, quittez un malheureuxQui meuit d'amour pour vous 8c déteste ses feux;Qui va s'unir à vous, fous ces affreux augures,Parmi les attentats, le meurtre 8c les parjures.
T U L L I E.
Vous insultez, Titus, à ma funeste ardeur;
Vous sentez à quel point vous régnez dans mon cœur.
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