VARIANTES
de la Tragédie de Brutus.
(a) 1 \ o u s joindrons ici ce morceau que M. de Voltairea retranché dans les éditions postérieures à 1738.
" Au reste, Mylord, s’il y a quelques endroits passablesdans cet ouvrage, il faut que j’avoue que j’en ai l’obli-gation à des amis qui pensent comme vous. Ils m’encou-rageaient à tempérer l'austérité de Brutus par l'amourpaternel, afin qu'on admirât Sc qu'o n plaignît l'essorequ'il fe fait en condamnant son fils. Ils m’exhortaient àdonner à la jeune Tullie un caractère de tendresse Scd’innocence , parce que si j’en avais fait une héroïnealtière qui n’eût parlé à Titus, que comme à un sujet quidevait servir son prince ; alors Titus aurait été avili , Scl'ambassadeur eût été inutile. Ils voulaient que Titusfût un jeune homme furieux dans ses passions, aimantRome Sc son père, adorant Tullie , se fêlant un devoird’être fidelle au Sénat même dont il se plaignait , Scemporté loin de son devoir par une passion dont il avaitcru être le maître. En effet, si Titus avait été de l’avisde fa maîtresse, Sc s’était dit à lui - même de bonnesraisons en faveur des rois ; Brutus alors n’eût été regardéque comme un chef de rébelles ; Titus n’aurait plus eude remords ; son père n’eût plus excité la pitié.
uGardez, me difaient-ils, que les deux enfans de Brutusparaissent fur la scène ; vous savez que l’intérêt est perduquand il fe partage. Mais surtout, que votre pièce soitsimple; imitez cette beauté des Grecs, croyez que la