Acte premier. 399
Zelonide.
Puissent ces Dieux dissiper votre effroi.
Eeïphue au Grand-Prêtre.
Eh quoi : ministre saint, vous fuyez devant moi !Demeurezi secourez votre reine éperdue:
Ecartez cette main sur ma tête étendue.
Un spectre épouvantable en tous lieux me poursuit ;Les Dieux l’ont déchaîné de Féternelle nuit.
Je F ai vu , ce n’est point une erreur passagèreOue produit du sommeil la vapeur mensongère :
Le sommeil à mes yeux refusant ses douceurs,
N’a point fur mon esprit répandu ses erreurs.
Je Fai vu, je le vois... Cette image effrayanteA mes sens égarés demeure encor présente.
Du sein de ces tombeaux, de cent rois mes aïeux11 a percé l’abyme, il marche dans ces lieux.
Ces voiles malheureux qu’ici F hymen m’apprête,Sanglans 8c déchirés semblaient couvrir sa tête,
Et cachaient son visage à mon œil alarmé :
D’un glaive étincelant son bras était armé.
J’entends encor ses cris 8c íes plaintes funestes.
Vous, confident sacré des volontés célestes,
Répondez : Quel est donc ce fantôme cruel ?
Est-ce un Dieu des enfers, ou l'ombre d'un mortel?Ouel pouvoir a brisé Féternelle barrièreDont le ciel sépara F enfer 8c la lumière ?
Les mânes des humains, malgré l’arrêt du fortPeuvent-ils revenir du séjour de la mort?
le Grand-Pretre.
Oui : du ciel quelquefois la justice suprêmeSuspend F ordre éternel établi par lui-même.