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Tome premier.
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E R Y P H I L E.

II est né vertueux : je vis avec horreurLe coupable ennemi qui fut mon séducteur ;

Je détestai l’amour 8c le trône 8c la vie.

Zelonide.

Eh ! ne pouviez-vous point punir fa barbarie ?Etiez-vous sourde aux cris de ce sang innocent ?

Eryphile.

Celui qui le versa fut toujours trop puissant ;

Et son habileté secondant son audace ,

De ce crime aux mortels a dérobé la trace.

] e ne pus que pleurer , me taire 8c le haïr.

Le ciel en même temps s’arma pour me punir ;

La main des dieux fur moi toujours appésantie,Opprima mes sujets , persécuta ma vie.

Les princes de Cyrrha, d’Elide 8c de Pylos,

Se disputaient mon cœur 8c P Empire d’Argos.

De nos chefs divisés les brigues 8c les hainesDe l'Etat qui chancelle embarrassaient les rênes, (e)

Le barbare Hermogide a disputé contr'euxEt le prix de son crime Sc l'objet de ses feux.

Et moi, fur mon hymen, fur le fort de la guerre,Je consultai la voix du maître du tonnerre :

A sa divinité , dont ces lieux font remplis,

J’offris en frémissant mon encens 8c mes cris.

Sans doute tu P appris : cet oracle funeste,

Ce triste avant - coureur du châtiment céleste,

Cet oracle me dit de ne choisir un roiQue quand deux rois vaincus fléchiraient fous ma loi ;Mais qu'alors, d’un époux vengeant le sang qui crie,Mon fils , mon propre fils m’arracherait la vie.