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E R Y P H I L E.
II est né vertueux : je vis avec horreurLe coupable ennemi qui fut mon séducteur ;
Je détestai l’amour 8c le trône 8c la vie.
Zelonide.
Eh ! ne pouviez-vous point punir fa barbarie ?Etiez-vous sourde aux cris de ce sang innocent ?
Eryphile.
Celui qui le versa fut toujours trop puissant ;
Et son habileté secondant son audace ,
De ce crime aux mortels a dérobé la trace.
] e ne pus que pleurer , me taire 8c le haïr.
Le ciel en même temps s’arma pour me punir ;
La main des dieux fur moi toujours appésantie,Opprima mes sujets , persécuta ma vie.
Les princes de Cyrrha, d’Elide 8c de Pylos,
Se disputaient mon cœur 8c P Empire d’Argos.
De nos chefs divisés les brigues 8c les hainesDe l'Etat qui chancelle embarrassaient les rênes, (e)
Le barbare Hermogide a disputé contr'euxEt le prix de son crime Sc l'objet de ses feux.
Et moi, fur mon hymen, fur le fort de la guerre,Je consultai la voix du maître du tonnerre :
A sa divinité , dont ces lieux font remplis,
J’offris en frémissant mon encens 8c mes cris.
Sans doute tu P appris : cet oracle funeste,
Ce triste avant - coureur du châtiment céleste,
Cet oracle me dit de ne choisir un roiQue quand deux rois vaincus fléchiraient fous ma loi ;Mais qu'alors, d’un époux vengeant le sang qui crie,Mon fils , mon propre fils m’arracherait la vie.