Eryphile.
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Préjugé malheureux ! éclatante chimèreQue l’orgueil inventa, que le faible révère,
Par qui je vois languir le mérite abattu
Aux pieds d'un prince indigne, ou d'un grand fans vertu.
* Les mortels font égaux : ce n’est point la naissance,
* C’est la feule vertu qui fait leur différence.
C’est elle qui met l’homme au rang des demi-dieux ;
* Et qui sert son pays n’a pas besoin d’aïeux.
Princes , Rois, la fortune a fait votre partage ,
Mes grandeurs font à moi ; mon fort est: mon ouvrage :Et ces fers si honteux , ces fers où je naquis ,
• Je les ai fait porter aux mains des ennemis.
* Je n'ai plus rien du sang qui m'a donné la vie ;
* II a dans les combats coulé pour la patrie ;
•*Je vois ce que je fuis 8c non ce que je fus,
* Et crois valoir au moins des rois que j’ai vaincus.
Theandre.
Alcméon , croyez-moi, l’orgueil qui vous inspire ,
Que je dois condamner , 8c que pourtant j’admire ,
Ce principe éclatant de tant d’exploits fameux,
En vous rendant si grand , vous fait trop malheureux.
Pliez à votre état ce fougueux caractère
Qui d'un brave guerrier ferait un téméraire :
C’est un des ennemis qu'il vous faut subjuguer.
Né pour servir le trône 8c non pour le briguer ;Sachez vous contenter de votre destinée ;
D’une gloire assez haute elle est environnée :
N’en recherchez point d’autre. Eh ! qui fait si les dieuxQui toujours fur vos pas ont attaché les yeux,
Qui pour venger Argos, 8c pour calmer la Grece,Ont voulu vous tirer du sein de la bassesse ,