41 8 E R Y P H I L E.
II E R M O G I D E.
Encore un mot, Madame, 8c je me taisLe seul bien de l’Etat doit remplir vos souhaits :
Vous n’avez plus les noms , & d’épouse, 8c de mère ;
Le ciel vous honora d’un plus grand caractère.
Vous régnez; mais songez qu’Argos demande un roi.
Vous avez à choisir : vos ennemis, ou moi.
Moi, né près de ce trône, 8c dont la main sanglanteA soutenu quinze ans sa grandeur chancelante :
Moi, dis-je , ou l’un des rois , fans force 8c fans appui,Que mon lieutenant seul a vaincus aujourd’hui.
* Je me connais, je fais que blanchi fous les armes
* Ce front triste 8c sévère a pour vous peu de charmes.
* Je fais que vos appas, encor dans leur printemps,
* Devraient s’effaroucher de l’hiver de mes ans ;
* Mais la raison d’Etat connaît peu ces caprices ;
* Et de ce front guerrier les nobles cicatrices
* Ne peuvent se couvrir que du bandeau des rois.
Vous connaissez mon rang , mes attentats, mes droits ;Sachant ce que j’ai fait, 8c voyant où j’aspire ,
Vous me devez, Madame, ou la mort, ou l’Empire.Ouoi ! vos yeux sont en pleurs ; 8c vos esprits troublés...
E R Y H H I L E.
Non, Seigneur, je me rends; mes destins font réglés.On le veut ; il le faut ; ce peuple me l’ordonne ;C’en est fait: à mon fort, Seigneur, je m’abandonne.Vous, lorsque le soleil descendra dans les flots,Trouvez-vous dans ce temple avec les chefs d’Argos.A mes aïeux, à vous, je vais rendre justice :
Je prétends qu’à mon choix l’univers applaudisse;