Acte second.
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Souffrez de mon respect un conseil salutaire,
Votre destin dépend du choix qu’il vous faut faire.Je ne viens point ici rappeler des sermensDictés par votre père, effacés par le temps;
Mon cœur ainsi que vous doit oublier, Madame,Les jours infortunés d’une inutile flamme ;
Et je rougirais trop, 8c pour vous, 8c pour moi,
Si c’était à l’amOur à nous donner un roi.
Un sentiment plus digne , Sc de l’un , & de l’autre,Doit gouverner mon fort 8c commander au vôtre.Vos aïeux Sc les miens, les dieux dont nous sortons,Cet Etat périssant si nous nous divisons,
Le sang qui nous a joints, l’intérêt qui nous lie,Nos ennemis communs, l’amour de la patrie ,
Votre pouvoir, le mien, tous deux à redouter,
Ce font-là les conseils qu'il vous faut écouter.Bannissez pour jamais un souvenir funeste;
Le présent nous appelle , oublions tout le reste.
Le passé n’est plus rien : maîtres de l’avenir,
Le grand art de régner doit seul nous réunir.
Les plaintes, les regrets, les vœux font inutiles:
C’est par la fermeté qu'on rend les dieux faciles. ( ì)Ce fantôme odieux qui vous trouble en ce jour,Qui naquit de la crainte, 8c l’enfante à son tour.Doit-il nous alarmer par tous ses vains prestiges?Pour qui ne les craint point, il n’est point de prodiges :Ils font l’appât grossier des peuples ignorans,L’invention du fourbe , 8c le mépris des grands.Pensez en Roi, Madame, 8c laissez au vulgaireDes superstitions le joug imaginaire.
Ervphile.
Quoi ! vous. . .
Théâtre. Tom. I. D cl