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Acte troisième. 423
Euphorbe.
Quoi ! ce jeune Alcméon ,
Ce soldat qui vous doit fa grandeur 8c son nom?Hermogide.
Oui, ce fils de Théandre, 8c qui fut mon ouvrage ,Qui fous moi de la guerre a fait l’apprentifTage ,Maître de trop de cœurs à mon char arrachés ,
Au bonheur qui le fuit les a tous attachés.
Par ses heureux exploits ma grandeur est ternie ;
Sòn ascendant vainqueur impose à mon génie :
Son seul aspect ici commence à m’alarmer.
Je le hais d’autant plus qu'il fait se faire aimer,
Que des peuples séduits l’estime est son partage ;
Sa gloire m’avilit 8c sa vertu m'outrage.
Je ne sais, mais le nom de ce fier citoyen,
Tout obscur qu’il était, semble égaler le mien.
Et moi, près de ce trône où je dois seul prétendre,
* J’ai lassé ma fortune à force de l’attendre.
Mon crédit, mon pouvoir adoré si long-temps,
N’est qu’un colosse énorme ébranlé par les ans,
Qui penche vers fa chute, 8c dont le poids immenseVeut, pour se soutenir, la suprême puissance ; (z)Mais du moins en tombant je saurai me venger. U)Euphorbe.
Qu’allez-vous faire ici ?
Hermogide.
Ne plus rien ménager.Déchirer, s’il le faut, le voile heureux Sc sombreQui couvrit mes forfaits du secret de son ombre :
Les justifier tous par un nouvel effort,
Par les plus grands succès , ou la plus belle mort ;
Dd 4