Acte troisième. 42g
Mes ennemis , les morts contre moi déchaînés ;
Tout Univers m’outrage, 8c vous m’abandonnez !
A L C M E O N.
]e vais périr pour vous, ou punir Hermogide :
Vous servir, vous venger, vous sauver d’un perfide.
Eryphile.
Je vous fêlais son roi : mais, hélas! mais, Seigneur,Arrêtez ; connaissez mon trouble 8c ma douleur.
Le désespoir , la mort, le crime m’environne ;
J’ai cru les écarter en vous plaçant au trône.
J’ai cru même appaiser ces mânes en courroux,
Ces mânes soulevés de mon premier époux.
Hélas ! combien de fois de mes douleurs pressée,Quand le sort de mon fils accablait ma pensée,
Et qu’un léger sommeil venait enfin couvrir
* Mes yeux trempés de pleurs 8c lassés de s’ouvrir :Combien de fois ces dieux ont semblé me prescrireDe vous donner ma main, mon cœur 8c mon Empire.Cependant, quand je touche au moment fortunéOù vous montez au trône à mon fils destiné ,
Le ciel 8c les enfers alarment mon courage ;
Je vois les dieux armés, condamner leur ouvrage:
■h Et vous seul m'inspirez plus de trouble 8c d’effroi
* Que le ciel 8c ces morts irrités contre moi.
* Je tremble en vous donnant ce sacré diadème;
* Ma bouche en frémissant prononce, je vous aimç.
* D’un pouvoir inconnu l’invincible ascendant
* M’entraîne ici vers vous, m'en repousse à s instant ;
* Et par un sentiment que je ne puis comprendre
•« Mêle une horreur affreuse à s amour le plus tendre.