DE Z U L I M E.
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Tu m'enlèves mon sang, ta détestable adresseDéshonore à la fois ma fille 8c ma vieillesse.
Suborneur malheureux, ma funeste bontéAdoucissait le poids de ta captivité :
Je t aimais, 8c tu fais qu’aux murs de TrémizèneDe mes voisins pour toi j avais cherché la haine.
Je t ai traité quinze ans comme mon propre fils,
J ai protégé ton sang contre tes ennemis.
Ah! si malgré la loi qui toujours nous sépare,
La loi des nations parle à ton cœur barbare;
Si la mourante voix d un père au désespoir,
Si 1 horreur de ton crime a de quoi t émouvoir;
Sois sensible à mes pleurs, plutôt qu à ma colère :
Mes trésors font à toi, je fuis ton tributaire.Rends-moi mon sang, rends-moi ce trésor précieux,Sans qui pour moi 1£ vie est un poids odieux ;
Et ne déchire point ces blessures mortelles,
Qu'au plus tendre des cœurs ont fait tes mains cruelles** Tu ne ine réponds rien, barbare!
R A M I R E.
Ecoute-moi.
* En la rendant aux mains d un si vertueux père....*
, B E N A S S A R.
* Toi, Ramire?
R A M i R E.
Zulime est un objet sacré,
* Oue mes profanes yeux n ont point déshonoré.
* Et fi dans ton courroux je te croyais capable
* D oublier pour jamais que ta fille est coupable,
* Si ton cœur généreux pouvait fe désarmer,
* Chérir encor Zulime...
B e n A S S A R.-
Ah, si je puis Iaimerí
* Oue me demandes-tu ? conçois-tti bien la joie
D un malheureux vieillard, á fa douleur en proie ,
'Théâtre, Tom. III, G