142 lè Fanatisme.
Et des embrasemens d’une guerre immortelleEtouffer fous vos pieds la première étincelle.
Mahomet, citoyen, ne parut à vos yeuxQu’un novateur obscur, un vil séditieux:
Aujourd’hui c’est un prince ; il triomphe, il domine;Imposteur à la Mecque , 8c prophète à Médine,
II sait faire adorer à trente nations
Tous ces mêmes forfaits qu’ici nous détestons.
Que dis-je ? en ces murs même une troupe égarée,Des poisons de Terreur avec zèle enivrée,
De ses miracles faux soutient Tillusion,
Répand le fanatisme Sc la sédition ,
Appelle son armée, 8c croit qu’un Dieu terribleL’inspire, le conduit, S: le rend invincible.
Tous nos vrais citoyens avec vous font unis ;
Mais les meilleurs conseils font-ils toujours suivis?L’amour des nouveautés, le faux zèle, la crainte,
De la Mecque alarmée ont désolé T enceinte ;
Et ce peuple, en tout temps chargé de vos bienfaits,Crie encore à son père, Sc demande la paix.
Z O P I R E.
La paix avec ce traître! Ah ! peuple fans courage,N’en attendez jamais qu’un horrible esclavage:
Allez, portez en pompe, 8c servez à genouxL’idole dont le poids va vous écraser tous.
Moi, je garde à ce fourbe une haine éternelle;
De mon cœur ulcéré la plaie est trop cruelle:Lui-même a contre moi trop de reífentìmens.
Le cruel fit périr ma femme 8c mes enfans ;
Et moi, jusqu’en son camp j’ai porté le carnage :
La mort de son fils même honora mon courage.