Acte premier.
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Enthousiaste ou fourbe , il saut cesser de l’être ;Sers-toi de ta raison , juge avec moi ton maître :Tu verras de chameaux un grossier conducteur,Chez fa première épouse insolent imposteur ,
Oui, sous le vain appas d’un songe ridicule,
Des plus vils des humains tente la foi crédule ;Comme un séditieux à mes pieds amené ,
Par quarante vieillards à l’exil condamné :
Trop léger châtiment qui l'enhardit au crime.
De caverne en caverne il fuit avec Fatime.
Ses disciples errans de cités en déserts ,
Proscrits , persécutés , bannis, chargés de fers ,Promènent leur fureur, qu’ils appellent divine,
De leurs venins bientôt ils infectent Médine.Toi-même alors , toi-même , écoutant la raison,
Tu voulus dans fa source arrêter le poison.
Je te vis plus heureux, 8c plus juste , 8c plus brave,Attaquer le tyran dont je te vois l'esclave.
S’il est un vrai prophète , osas-tu le punir ?
S’il est un imposteur , oses-tu le servir ?
Omar.
Je voulus le punir , quand mon peu de lumièreMéconnut ce grand homme entré dans la carrière ;Mais enfin, quand j’ai vu que Mahomet est néPour changer l’univers à ses pieds consterné ;Quand mes yeux, éclairés du feu de son génie,
Le virent s’élever dans fa course infinie-,Eloquent, intrépide, admirable en tout lieu,Agir , parler , punir ou pardonner en dieu ;J’associai ma vie à ses travaux immenses :
Des trônes , des autels en font les récompenses.
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