Acte second. 159
Promettez, menacez, que la vérité règne;
Qu’on adore mon dieu, mais surtout qu’on le craigne.Vous, Séide, en ces lieux !
SeidE.
O mon Père ! ô mon Roi !Le dieu qui vous inspire a marché devant moi.
Prêt à mourir pour vous, prêt à tout entreprendre,J’ai prévenu votre ordre.
M a H o M e T.
II eût fallu l’attendre.
Qui fait plus qu’il ne doit, ne fait point me servir.J’obéis à mon dieu ; vous , sachez m’obéir.
P A L M I R E.
Ah! Seigneur, pardonnez à son impatience.
Elevés près de vous dans notre tendre enfance,
Les mêmes sentimens nous animent tous deux:
Hélas ! mes tristes jours font assez malheureux !
Loin de vous, loin de lui, j’ai langui prisonnière,Mes yeux de pleurs noyés s’ouvraient à la lumière :Empoisonneriez-vous l’instant de mon bonheur?
M A H o M E T.
Palmire , c’est assez; je lis dans votre cœur:
Que rien ne vous alarme 8c rien ne vous étonne.Allez ; malgré les foins de l’autel 8c du trône ,
Mes yeux fur vos destins seront toujours ouverts ;Je veillerai fur vous comme fur l’univers.
( à Séide. )
Vous, suivez mes guerriers; 8c vous , jeune Palmire,En servant votre dieu ne craignez que Zopire.