Acte second.
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Omar.
Blâmes-tu leurs tendresses ?Mahomet.
Ah ! connais mes fureurs Sc toutes mes faiblesses.Omar.
Comment ?
M A H o m E T.
Tu fais assez quel sentiment vainqueurParmi mes passons règne au fond de mon cœur.Chargé du foin du monde , environné d’alarmes,
Je porte l’encensoir, 8c le sceptre, 8c les armes:
Ma vie est un combat, 8c ma frugalitéAsservit la nature à mon austérité.
J ai banni loin de moi cette liqueur traîtresse rQui nourrit des humains la brutale mollesse :
Dans des sables brûlans, fur des rochers déserts,
Je supporte avec toi l'inclémence des airs.
L’amour seul me console; il est ma récompense,L’objet de mes travaux, l’idole que j’encense,
Le dieu de Mahomet ; 8c cette paffionEst égale aux fureurs de mon ambition.
Je préfère en secret Palmire à mes épouses.
Conçois-tu bien l’excès de mes fureurs jalouses,Quand Palmire à mes pieds , par un aveu fatal,Insulte à Mahomet 8c lui donne un rival ?
Omar.
Et tu n'es pas vengé ?
Mahomet.
Juge, si je dois l’être.
Pour le mieux détester, apprends à le connaître.
De mes deux ennemis apprends tous les forfaits :
Tous deux font nés ici du tyran que je hais..
Théâtre. Tom. III. L