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Tome troisieme.
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161
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Acte second.

i 61

Omar.

Blâmes-tu leurs tendresses ?Mahomet.

Ah ! connais mes fureurs Sc toutes mes faiblesses.Omar.

Comment ?

M A H o m E T.

Tu fais assez quel sentiment vainqueurParmi mes passons règne au fond de mon cœur.Chargé du foin du monde , environné d’alarmes,

Je porte l’encensoir, 8c le sceptre, 8c les armes:

Ma vie est un combat, 8c ma frugalitéAsservit la nature à mon austérité.

J ai banni loin de moi cette liqueur traîtresse rQui nourrit des humains la brutale mollesse :

Dans des sables brûlans, fur des rochers déserts,

Je supporte avec toi l'inclémence des airs.

L’amour seul me console; il est ma récompense,L’objet de mes travaux, l’idole que j’encense,

Le dieu de Mahomet ; 8c cette paffionEst égale aux fureurs de mon ambition.

Je préfère en secret Palmire à mes épouses.

Conçois-tu bien l’excès de mes fureurs jalouses,Quand Palmire à mes pieds , par un aveu fatal,Insulte à Mahomet 8c lui donne un rival ?

Omar.

Et tu n'es pas vengé ?

Mahomet.

Juge, si je dois l’être.

Pour le mieux détester, apprends à le connaître.

De mes deux ennemis apprends tous les forfaits :

Tous deux font nés ici du tyran que je hais..

Théâtre. Tom. III. L