Acte quatrième 189
SCENE I I L
SE IDE, PAL M IRE.Seide.
P almi'rï, que veux-tu ? Quel funeste transport ?Oui t’amène en ces lieux consacrés à la mort?
P A L M 1 R E.
Séide, la frayeur 8c l’amour font mes guides ;
Mes pleurs baignent tes mains saintement homicide».Quel sacrifice horrible, hélas! faut-il offrir ?
A Mahomet, à Dieu, tu vas donc obéir?
Seide.
O de mes sentimens souveraine adorée.
Parlez, déterminez ma fureur égarée;
Eclairez mon esprit, 8c conduisez mon bras ;Tenez-moi lieu d'un dieu que je ne comprends pas.Pourquoi m’a-t-il choisi? Ce terrible prophèteD’un ordre irrévocable est-il donc l’interprète ?
P A L M i R E.
Tremblons d’examiner. Mahomet volt nos cœurs,
II entend nos soupirs, il observe mes pleurs.
Chacun redoute en lui la divinité même ;
C’est tout ce que je fais, le doute est un blasphème :Et le dieu qu’il annonce avec tant de hauteur,
Séide, est le vrai dieu, puisqu’il le rend vainqueur.Seide.
II Test , puisque Palmire, 8c le croît, 8c l’adore.
Mais mon esprit confus ne conçoit point encore