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Tome troisieme.
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le Fanatisme.

Comment ce dieu si bon, ce père des humains,

Pour un meurtre effroyable a réservé mes mains.

Je ne le fais que trop que mon doute est un crime .Ou’un prêtre fans remords égorge fa victime,

Que par la voix du ciel Zopire est condamné,

Qu’à soutenir ma loi j’étais prédestiné.

Mahomet s’expliquait, il a fallu me taire ;

Et tout fier de servir la céleste colère,

Sur Pennemi de dieu je portais le trépas :

Un autre dieu, peut-être a retenu mon bras.

Du moins, lorsque j’ai vu ce malheureux Zopire,De ma religion j’ai senti moins l’empire.

Vainement mon devoir au meurtre m'appelait;

A mon cœur éperdu F humanité parlait.

Mais avec quel courroux, avec quelle tendresse,Mahomet de mes sens accuse la faiblesse !

Avec quelle grandeur, 8c quelle autoritéSa voix vient d’endurcir ma sensibilité !

Que la religion est terrible 8c puissante !

J’ai senti la fureur en mon cœur renaissante;Palmire, je suis faible, 8c du meurtre effrayé.

De ces saintes fureurs je passe à la pitié ;

De fentimens confus, une foule m’assiège;

Je crains d’être barbare ou d’être sacrilège.

Je ne me sens point fait pour être un assassin.

Mais quoi ! dieu mel’ordonne, 8c j’ai promis ma mainJ’en verse encor des pleurs de douleur 8c de rage.Vous me voyez, Palmire, en proie à cet orage,Nageant dans le reflux des contrariétés,

Qui pousse Sc qui retient mes faibles volontés.

C’est à vous de fixer mes fureurs incertaines ;

Nos cœurs font réunis par lçs plus sortes chaînes :