M E R O P E.
3 ° 4
ACTE V.
SCENE PREMIERE .
EGISTHE, NARBAS, EURYCLES.
N A R B A S.
LiE tyran nous retient au palais de la reine,
Et notre destinée est encore incertaine.
Je tremble pour vous seul. Ah, mon prince ! ah, mon fils!Souffrez qu’un nom si doux me soit encor permis.Ah! vivez. D'un tyran désarmez la colère,
Conservez une tête, hélas! si nécessaire ,
Si long-temps menacée, 8c qui m’a tant coûté.Eurycles.
Songez que pour vous seul abaissant sa fierté,
Mérope de ses pleurs daigne arroser encoreLes parricides mains d’un tyran qu’elle abhorre.Egisthe.
D’un long étonnement à peine revenu,
Je crois renaître ici dans un monde inconnu.
Un nouveau sang m’anime, un nouveau jour m'éclaire.Oui,moi, né de Mérope? 8cCresphonte est mon père!Son assassin triomphe ; il commande, 8c je sers !
Je fuis le sang d’Hercule, 8c je suis dans les fers?
Narbas.
Plût aux dieux qu’avec moi le petit-sils d’AlcideFût encore inconnu dans les champs de 1‘Elide !Egisthe.
Hé quoi ! tous les malheurs aux humains réservées !Faut-il si jeune encor les avoir .éprouvés ?
Les