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Tome dixieme.
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DE M. MARMONTEL. 2 3Cette justice , rendue par tant d’étrangerscontemporains, semble suppléer à ce qui manqued’ancienneté à ce poème ; 8c puisqu’il a été géné-ralement approuvé dans un siècle qu’on peutappeler celui du goût , il y a apparence qu’ille fera des siècles à venir. On pourrait donc,fans être téméraire , le placer à côté de ceuxqui ont le sceau de simmortalíté. C’est ce quesemble avoir fait M. Cocchi, lecteur de Pise, dansune lettre {a) imprimée à la tête de quelqueséditions de la Henriade,où il parle du sujet,du plan, des mœurs, des caractères, du mer-veilleux 8cdes principales beautés de ce poème,en homme de goût 8c de beaucoup de littéra-ture ; bien différent d’un français, auteur defeuilles périodiques, qui, plus jaloux qu éclairé,T a comparé à la Pharsale. Une telle compa-raison suppose dans son auteur ou bien peu delumières ou bien peu d’équité ; car en quoi seressemblent ces deux poèmes ? Le sujet de 1 un8c de l'autre est une guerre civile , mais dansla Pharsale l'audace ejl triomphante <b le crimeadoré ; dans la Henriade , au contraire , toutl’avantage est du côté de la justice. Lucain asuivi scrupuleusement shistoire sans mélangede fiction, au lieu que M. de Voltaire a changéTordre des temps, transporté les faits 8c employéle merveilleux. Le style du premier est souvent

(a) Voyez cette lettre à la suite de cette préface.