24 PREFACE
ampoulé , défaut dont on ne volt pas un seulexemple dans le second. Lacain a peint ses hérosavec de grands traits , il est vrai, 8c il a descoups de pinceau dont on trouve peu d’exemplesdans Virgile 8c dans Homère. C’est peut-être encela que lui ressemble notre poète. On convientassez que personne n’a mieux connu que lui sartde marquer les caractères : un vers lui suffit quel-quefois pour cela, témoin les suivans.
Médicis la (b) reçut avec indifférence,
Sans paraître jouir du fruit de fa vengeance,
Sans remords, fans plaisirs 8cc.
Connaissant les périls Sc ne redoutant rien ;
Heureux (c) guerrier, grand prince, 8c mauvais citoyen.
II {d) fe présente aux Seize, 8c demande des sers,
Du front dont il aurait condamné ces pervers.
11 (e) marche en philosophe où l’honneur le conduit,
Condamne les combats, plaint son maître , 8c le suit.
Mais si M. de Voltaire annonce avec tant d'artses personnages , il les soutient avec beaucoupde sagesse ; 8c je ne crois pas que dans le coursde son poème on trouve un seul vers où quel-qu’un deux se démente. Lucain au contraireest plein d’inégalités ; 8c s’il atteint quelquefois lavéritable grandeur, il donne souvent dans l’en-flure. Enfin ce poète latin, qui a porté à un si haut
(i) La tête de Coligny ì Chant II. («/) Hnrlay , Chant IV.
(c) Guise , Chant III. (í) Momay , Chant VI.