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Tome dixieme.
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DE M. MARMONTEL. 25

point la noblesse des sentimens, n’eíl plus lemême lorsqu’il faut ou peindre ou décrire ; 8c j’oseassurer qu’en cette partie notre langue n’a jamaisété si loin que dans la Henriade.

11 y aurait donc plus de justesse à comparerla Henriade avec fEnéide, On pourrait mettredans la balance le plan, les mœurs, le mer-veilleux de ces deux poèmes ; les personnages,comme Henri IV 8c Enée, Achates 8c Mornay ,Sinon 8c Clément , Tumus 8c d'Aumale 8cc ; lesépisodes qui se répondent, comme le repas desTroyens fur la côte de Carthage , 8c celui deHenri chez le solitaire de Jersey;le massacrede la S t Barthelemi 8c l’incendie de Troye ;le quatrième chant de l’Enéide 8c le neuvièmede la Henriade ; la descente d 'Enée aux enfers8c le songe de Henri IV; Tantre de la Sibylle8c le sacrifice des Seize ; les guerres qu’ont àsoutenir les deux héros, 8c l’intérêt qu on prendà l’un 8c à l’autre ; la mort d'Euriale 8c celle dujeune Dailly ; les combats singuliers de Turennecontre d'Aumale, 8c dé Enée contre Tumus ; enfinle style des deux poètes, l’art avec lequel ils ontenchaîné les faits, 8c leur goût dans le choix desépisodes, leurs comparaisons, leurs descriptions.Et après un tel examen , on pourrait déciderd’après le sentiment.

Les bornes que je fuis obligé de me prescriredans cette préface , ne me permettent pas