Idée de la Henriade. 39
d 'Amphitrite dans notre poésie ne signifie que la mer,8c non Yépouse de Neptune. Les champs de Mars neveulent dire que la guerre. 8cc. S’il est quelqu’und’un avis contraire , il faut le renvoyer encore à cegrand maître M. Dejpréaux , qui dit :
C’est d’un scrupulfe vain s’alarmer sottement ;
C’est vouloir au lecteur plaire sans agrément.
Bientôt ils défendront de peindre la Prudence,
De donner à Thémis ni bandeau ni balance ,
De figurer aux yeux la Guerre au front d’airain,
Ou le Temps qui s’enfuit une horloge à la main ;
Et par-tout des discours , comme une idolâtrie ,
Dans leur faux zèle iront chasser l’allégorie.
Ayant rendu compte de ce que contient cetouvrage , on croit devoir dire un mot de l’espritdans lequel il a été composé. On n’a voulu ni flatterni médire. Ceux qui trouveront ici les mauvaisesactions de leurs ancêtres n’ont qu’à les réparer parleur vertu. Ceux dont les aïeux y font nommés avecéloge ne doivent aucune reconnaissance à fauteur ,qui n’a eu en vue que la vérité ; & le seul usagequ’ils doivent faire de ces louanges , c’est d’enmériter de pareilles.
Si l’on a dans cette nouvelle édition retranchéquelques vers qui contenaient des vérités durescontre les papes qui ont autrefois déshonoré leS c Siège par leurs crimes , ce n’est pas qu’on fasseà la cour de Rome l'affrontde penser qu’elle veuillerendre respectable la mémoire de ces mauvais pon-tifes. Les Français qui condamnent les méchancetésde Louis XI 8c de Catherine de Médicis, peuvent parler
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