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Tome dixieme.
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46 Evenemens sur lesq_uels

faction instruite de ses forcés , 8c animée par la ven-geance 8c par le fanatisme.

Presque toute l’Europe entra dans cette guerre.La célébré Elisabeth , reine d’Angleterre, qui étaitpleine d’estime pour le roi de Navarre, 8c qui euttoujours une extrême passion de le voir , le secourutpluíieurs fois d’hommes , d’argent, de vaisseaux; 8cce fut Duplejsis-Mornay qui alla toujours en Angle-terre solliciter ces secours. D’un autre côté , labranche d’Autriche qui régnait en Espagne favori-sait la ligue, dans l’efpérance d’arracher quelquesdépouilles d’un royaume déchiré par la guerre civile.Les papes combattaient le roi de Navarre , non-feulement par des excommunications , mais par tousles artifices de la politique , 8c par les petits secoursd’hommes 8c d’argent que la cour de Rome peutfournir.

Cependant Henri III allait fe rendre maître deParis , lorsqu’il fut assassiné à S 1 Cloud par un moinedominicain, qui commit ce parricide dans la feuleidée qu’il obéissait à Dieu , 8c qu’il courait aumartyre ; 8c ce meurtre ne fut pas seulement le crimede ce moine fanatique , ce fut le crime de tout leparti. L’opinion publique , la créance de tous lesligueurs était qu’il fallait tuer son roi , s’il était malavec la cour de Rome. Les prédicateurs le criaientdans leurs mauvais sermons ; on l’imprimait danstous ces livres pitoyables qui inondaient la France ,8c qu’on trouve à peine aujourd’hui dans quelquesbibliothèques , comme des monumens curieux d’unsiècle également barbare , 8c pour les lettres , 8cpour les mœurs.