Chant premier. 51
Les peuples déchaînés, vils esclaves des grands,Persécutaient leur prince, k servaient des tyrans.
Ses amis corrompus bientôt l’abandonnèrent ;
Du louvre épouvanté ses peuples le chassèrent.
Dans Paris révolté l’étranger accourut ;
Tout périssait enfin, lorsque Bourbon (5) parut.
Le vertueux Bourbon, plein d’une ardeur guerrière ,
A son prince aveuglé vint rendre la lumière :
II ranima sa force , il conduisit ses pas
De la honte à la gloire, 8c des jeux aux combats.
Aux remparts de Paris les deux rois s’avancèrent ;
Rome s’en alarma, les Espagnols tremblèrent.
L’Europe intéressée à ces fameux revers
Sur ces murs malheureux avait les yeux ouverts.
O n voyait dans Paris la discorde inhumaine,Excitant aux combats 8c la ligue 8c Mayenne,
Et le peuple 8c l’Eglise ; 8c du haut de ces tours, (A)Des soldats de l’Espagne appelant les secours.
Cë monstre impétueux, sanguinaire , inflexible ,
De ses propres sujets est l’ennemi terrible :
Aux malheurs des mortels il borne ses desseins :
Le sang de son parti rougit souvent ses mains :
11 habite en tyran dans les cœurs qu’il déchire ,
Et lui-même il punit les forfaits qu’il inspire.
D u côté du Couchant, près de ces bords fleuris,
Où la Seine serpente en fuyant de Paris,
Lieux aujourd’hui charmans , retraite aimable 8c pure ,Où triomphent les arts, où se plaît la nature,
Théâtre alors sanglant des plus mortels combats,
Le malheureux Valois rassemblait ses soldats.
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