Chant troisième. 79
Détestait des impôts le fardeau rigoureux ;
Le pauvre allait le voir Sc revenait heureux :
II savait prévenir la timide indigence ;
8es bienfaits dans Paris annonçaient fa présence :
II se fesait aimer des grands qu'il baillait;
Terrible Sc fans retour alors qu’il offensait ;
Téméraire en ses vœux, sage en ses artifices,
Brillant par ses vertus Sc même par ses vices,Connaissant le péril Sc ne redoutant rien ,
Heureux guerrier, grand prince Sc mauvais citoyen.
Quand il eut quelque temps essayé fa puissance,
Et du peuple aveuglé cru fixer l’inconstance,
II ne se cacha plus, Sc vint ouvertementDu trône de son roi briser le fondement.
II forma dans Paris cette ligue funeste ,
Oui bientôt de la France infecta tout le reste;
Monstre affreux, qu’ont nourri les peuples Sc les grands,Engraissé de carnage Sc fertile en tyrans.
La France dans son sein vit alors deux monarques:L’un n’cn possédait plus que les frivoles marques ;
- L’autre inspirant par-tout l’espérance ou Feffroi,
A peine avait besoin du vain titre de roi.
Va lois se réveilla du sein de son ivresse.
Ce bruit, cet appareil, ce danger qui le presse ,Ouvrirent un moment ses yeux appesantis :
Mais du jour importun ses regards éblouisNe distinguèrent point au fort de la tempêteLes foudres menaçans qui grondaient fur fa têteEt bientôt fatigué d’un moment de réveil,
Las Sc se rejetant dans les bras du sommeil,