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LA H E N R I A D E.
Entre ses favoris & parmi les délices,
Tranquille il s’endormit au bord des précipices.
Je lui restais encore, 8c tout prêt de périr,
II n’avait plus que moi qui pût le secourir :
Héritier après lui du trône de la France,
Mon bras fans balancer s’armait pour fa défense :J’offrais à fa faiblesse un nécessaire appui ;
Je courais le sauver ou me perdre avec lui.
Mais Guise trop habile, 8c trop savant à nuire,L’un par l’autre en secret songeait à nous détruire.
Que dis-je ? il obligea Valois à se priverDe l'unique soutien qui le pouvait sauver.
De la religion le prétexte ordinaire
Fut un voile honorable à cet affreux mystère.
Par sa feinte vertu tout le peuple échaufféRanima son courroux encor mal étouffé.
II leur représentait le culte de leurs pères,
Les derniers attentats des sectes étrangères,
Me peignait ennemi de PEglise 8: de Dieu :
>' II porte, disait-il, ses erreurs en tout lieu ;
>> II fuit d'Elisabeth les dangereux exemples;
" Sur vos temples détruits il va fonder ses temples ;jî Vous verrez dans Paris ses prêches criminels, (d) 55
Tout le peuple à ces mots trembla pour ses autels.Jusqu’au palais du roi l’alarme en est portée.
La ligue , qui feignait d’en être épouvantée,
Vient de la part de Rome annoncer à son roiQue Rome lui défend de s’unir avec moi.
Hélas t le roi trop faible obéit fans murmure :
Et lorsque je volais pour venger son injure,
J’apprends