Chant troisième. 81
J’apprends que mon beau-frère, à la ligue soumis,S’unissait pour me perdre avec ses ennemis,
De soldats malgré lui couvrait déjà la terre,
Et par timidité me déclarait la guerre.
Je plaignis fa faiblesse, 8c fans rien ménager,
Je courus le combattre au lieu de le venger.
De la ligue, en cent lieux, les villes alarméesContre moi dans la France enfantaient des armées :Joyeuse avec ardeur venait fondre sur moi,
Ministre impétueux des faiblesses du roi.
Guise , dont la prudence égalait le courage,
Dispersait mes amis, leur fermait le passage.
D’armes Sc d’ennemis pressé de toutes parts,
Je les défiai tous Sc tentai les hasards.
J e cherchai dans Contras ce superbe Joyeuse, (e)Vous savez fa défaite 8c fa fin malheureuse :
Je dois vous épargner des récits superflus.
No N, je ne reçois point vos modestes refus :
Non , ne me privez point, dit l'auguste princesse,
D’un récit qui m’éclaire autant qu’il m’intéresse ;N’oubliez point ce jour, ce grand jour de Contras ,
Vos travaux, vos vertus, Joyeuse 8c son trépas:L’auteur de tant d’exploits doit seul me les apprendre,. Et peut-être je fuis digne de les entendre.
Elle dit. Le Héros, à ce discours flatteur,
Sentit couvrir son front d’une noble rougeur ;
Et réduit à regret à parler de sa gloire,
II poursuivit ainsi cette fatale histoire.
De tous les favoris qu’idolâtrait Valois, ( J )
Qui flattaient fa mollesse 8c lui donnaient des lois,
La Henriade . F