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Tome dixieme.
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85
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Chant troisième. 85

Tout le peuple au palais courait avec furie :

Si Guise eût dit un mot, Valois était fans vie :

Mais lorsque d’un coup d’œil il pouvait l’accabler,

II parut satisfait de l'avoir fait trembler ;

Et des mutins lui-même arrêtant la poursuite,

Lui laissa par pitié le pouvoir de la fuite.

Enfin Guise attenta, quel que fût son projet,

Trop peu pour un tyran. mais trop pour un sujet.Quiconque a pu forcer son monarque à le craindreA tout à redouter, s’il ne veut tout enfreindre.

Guise, en ses grands desseins dès ce jour affermi,

Vit qu'il n’était plus temps d'offenser à demi;

Et qu’élevé si haut, mais fur un précipice,

S’il ne montait au trône il marchait au supplice.

Enfin , maître absolu d’un peuple révolté ,

Le cœur plein d’espérance 8c de témérité ,

Appuyé des Romains , secouru des Ibères ,

Adoré des Français, secondé de ses frères ,

Ce sujet (£) orgueilleux crut ramener ces tempsOù de nos premiers rois les lâches defcendans,

Déchus presqu’en naissant de leur pouvoir iuprême,Sous un froc odieux cachaient leur diadème,

Et dans l’ombre d’un cloître en secret gémissans,Abandonnaient l’empire aux mains de leurs tyrans.

Valois, qui cependant différait fa vengeance,Tenait alors dans Blois les états de la France.

Peut-être on vous a dit quels furent ces états :

On proposa des lois qu’on n’exécuta pas;

De mille députés l'éloquence stérileY fit de nos abus un détail inutile ;

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