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Tome dixieme.
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87
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Chant troisième. 87

De Guise au milieu d’eux le redoutable frère,

Mayenne à la vengeance anime leur colère,

Et plus par intérêt que par ressentiment,

II allume en cent lieux ce grand embrasement.

M ay E N N e [m) dès long-temps nourri dans les alarmes,Sous le superbe Guise avait porté les armes; (n)

II succède à sa gloire ainsi qu’à ses desseins ;

Le sceptre de la ligue a passé dans ses mains.

Cette grandeur fans bornes, à ses désirs si chère,

Le console aisément de la perte d’un frère ; (o)

II servait à regret, & Mayenne aujourd’huiAime mieux le venger que de marcher sous lui.Mayenne a, je l’avoue . un courage héroïque ;

II fait, par une heureuse &: sage politique,

Réunir sous ses lois mille esprits difFérens,

Ennemis de leur maître, esclaves des tyrans.

II connaît leurs talens, il fait en faire usage, {p)Souvent du malheur même il tire un avantage.

Guise avec plus d’éclat éblouissait les yeux,

Fut plus grand, plus héros , mais non plus dangereux.Voilà quel est Mayenne 8c quelle est fa puissance.Autant la ligue altière espère en sa prudence ,

Autant le jeune Aumale {q) au cœur présomptueuxRépand dans les esprits son courage orgueilleux.

D’Aumale est du parti le bouclier terrible.

II a jusqu’aujourd’hui le titre d’invincible.

Mayenne, qui le guide au milieu des combats,

Est l’ame de la ligue, Sc l’autre en est le bras.

Cependant des Flamands suppresseur politique, (r)Ce voisin dangereux, ce tyran catholique,

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