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LA HENRÏADE.
Ce roi dont l’artifice est le plus grand soutien,
Ce roi votre ennemi, mais plus encor le mien,Philippe, (s) de Mayenne embrassant la querelle,Soutient de nos rivaux la cause criminelle ;
Et Rome, (<) qui devait étouffer tant de maux,
Rome de la discorde allume les flambeaux.
Celui qui des chrétiens se dit encor le pèreMet aux mains de ses fils un glaive sanguinaire.
Des deux bouts de l’Europe , à mes regards surpris,Tous les malheurs ensemble accourent dans Paris.
Enfin roi fans sujets, poursuivi sans défense,
Valois s’est vu forcé d’implorer ma puissance.
11 m’a cru généreux, 8c ne s’est point trompé :
Des malheurs de l’Etat mon cœur s’est occupé ;
E T n danger si pressant a fléchi ma colère ;
Je n’ai plus dans Valois regardé qu’un beau-frère:
Mon devoir l’ordonnait, j’en ai subi la loi,
Et roi, j'ai défendu l’autorité d’un roi.
Je fuis venu vers lui fans traité , fans otage : («)
Votre fort, ai-je dit, est dans votre courage :
Venez mourir ou vaincre aux remparts de ParisAlors un noble orgueil a rempli ses esprits :
Je ne me flatte point d’avoir pu dans son ameVerser par mon exemple une si belle flamme ;
Sa disgrâce a sans doute éveillé fa vertu :
II gémit du repos qui l’avait abattu.
Valois avait besoin d’un destin si contraire ;
Et souvent l’infortune aux rois est nécessaire.
Tels étaient de Henri les sincères discours.
Des Anglais cependant il presse le secours :