Chant
SIXIEME. 127
5» Je vois d’un zele faux nos prêtres emportés,
5 » Qui le fer à la main.Malheureux, arrêtez:
5 » Quelle loi, quel exemple, ou plutôt quelle rage5, Peut à Point du Seigneur arracher votre hommage ?55 Le fils de Saint-Louis, parjure à ses fermens,s’ Vient-il de nos autels briser les fondemens ?
« Aux pieds de ces autels il demande à s’instruire ;ri II aime, il fuit les lois dont vous bravez Pempire.
55 II fait dans toute secte honorer les vertus,
55 Respecter votre culte !k même vos abus.
5’ II laisse au Dieu vivant, qui voit ce que nous sommes,a Le foin que vous prenez de condamner les hommes.a Comme un roi, comme un père, il vient vous gouverner :5 i Et plus chrétien que vous, il vient vous pardonner.
55 Tout est libre avec lui; lui seul ne peut-il Pêtre?a Quel droit vous a rendus juges de votre maître ?
55 Insidelles pasteurs, indignes citoyens !a Que vous ressemblez mal à ces premiers chrétiens,j» Qui, bravant tous ces dieux de métal ou de plâtre,
55 Marchaient fans murmurer fous un maître idolâtre,
55 Expiraient fans fe plaindre, 8c fur les échafauds,
55 Sanglans,percés de coups,bénissaient leurs bourreaux!5 5 Eux seuls étaient chrétiens, je n’en connais point d’autres.'55 Ils mouraient pour leurs rois, vous massacrez les vôtres:55 Et Dieu, que vous peignez implacable 8 c jaloux,
>5 S’il aime à fe venger, barbares, c’est de vous. a
A ce hardi discours aucun n’ofait répondre ;
Par des traits trop puissans ils fe sentaient confondre ;Ils repoussaient en vain , de leur cœur irrité ,
Cet effroi qu 1 aux méchans donne la vérité.