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Tome dixieme.
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LA HENRIADE.

Les assiégeans surpris font par-tout renversés,

Cent fois victorieux S: cent fois terrassés ;

Pareils à l'Océan pouffé par les orages,

Qui couvre à chaque instant & qui fuit ses rivages.

Jamais le roi, jamais son illustre rival,N’avaient été si grands qu'en cet assaut fatal.Chacun d’eux, au milieu du sang 8c du Carnage ,Maître de son esprit, maître de son courage,

Dispose , ordonne , agit, voit tout en même temps ,Et conduit d’un coup d’ceil ces affreux mouvemens.

Cependant des Anglais la formidable élite,

Par le vaillant Effex à cet assaut conduite,

Marchait fous nos drapeaux pour la première fois,

Et semblait s’étonner de servir sous nos rois.

Us viennent soutenir l’honneur de leur patrie,Orgueilleux de combattre 8c de donner leur vie,

Sur ces mêmes remparts 8c dans ces mêmes lieux.

Où la Seine autrefois vit régner leurs aïeux.

Essex monte à la brèche où combattait d’Aumale ;

Tous deux jeunes, brillans, pleins d’une ardeur égale ,Tels qssaux remparts de Troye on peint les demi-dieux.Leurs amis tout sanglans font en foule autour d’eux.Français, Anglais , Lorrains , que la fureur assemble,Avançaient,combattaient,frappaient,mouraient ensemble.

Ange, qui conduisiez leur fureur 8c leur bras,Ange exterminateur, ame de ces combats,

De quel héros ensin prîtes-vous la querelle ?

Pour qui pencha des cieux la balance éternelle ?