C II A N T SEPTIEME. 14Z
Tandis que dans Paris tous ces prêtres cruelsOsent de son portrait souiller les saints autels :
Que la ligue l'invoque 8c que Rome le loue, (4)
Ici dans les tourmens l’enfer les désavoue.
M o N fils, reprit Louis, de plus sévères loisPoursuivent en ces lieux les princes 8c les rois.
Regardez ces tyrans, adorés dans leur vie :
Plus ils étaient puiffans, plus Dieu les humilie.
II punit les forfaits que leurs mains ont commis,
Ceux qu’ils n’ont point vengés 8c ceux qu’ils ont permis.La mort leur a ravi leurs grandeurs passagères,
Ce faste, ces plaisirs, ces flatteurs mercenaires ?
De qui la complaisance, avec dextérité ,
A leurs yeux éblouis cachait la vérité.
La vérité terrible ici fait leurs supplices :
Elle est devant leurs yeux, elle éclaire leurs vices.Voyez comme à fa voix tremblent ces conquérans,Héros aux yeux du peuple, aux yeux de Dieu tyrans ;Fléaux du monde entier, que leur fureur embrase,
La foudre qu’ils portaient à leur tour les écrase.
Auprès d’eux font couchés tous ces rois fainéans,
Sur un trône avili fantômes impuissans.
Henri voit près des rois leurs insolens ministres :
II remarque surtout ces conseillers sinistres,
Qui des mœurs 8c des lois avares corrupteurs,
De Thémis 8c de Mars ont vendu les honneurs,
Qui mirent les premiers à d’indignes enchèresL’inestimable prix des vertus de nos pères.
Etes-vous en ces lieux, faibles 8c tendres cœurs, [d)
Oui, livrés aux plaisirs 8c couchés fur les fleurs,