146 la Henriade.
De ses aimables lois chacun goûtait les fruits.
Revenez, heureux temps, fous un autre Louis.
Plus loin font ces guerriers, prodigues de leur vie,Qu’enflamma leur devoir 8c non pas leur furie,
La Trimouille, (9) Clisson, Montmorency, de Poix, (10)Guefclin, (11) le destructeur 8c le vengeur des rois,
Le vertueux Bayard, (12) 8c vous,brave Amazone, (13)La honte des Anglais 8c le soutien du trône, (z)
Ces héros , dit Louis, que tu vois dans les cieux,Comme toi de la terre ont ébloui les yeux :
La vertu , comme à toi, mon fils, leur était chère :
Mais enfans de l’Eglife ils ont chéri leur mère :
Leur cœur simple 8c docile aimait la vérité :
Leur culte était le mien ; pourquoi l’as-tu quitté ?
C o m m E il disait ces mots d’une voix gémissante ,
Le palais des destins devant lui fe présente :
II fait marcher son fils vers ces sacrés remparts,
Et cent portes d’airain s’ouvrent à ses regards.
Le Temps, d’une aile prompte 8c d’un vol insensible,Fuit 8c revient sans cesse à ce palais terrible ;
Et de là fur la terre il verse à pleines mainsEt les biens 8c les maux destinés aux humains.
Sur un autel de fer un livre inexplicableContient de l’avenir l’histoire irrévocable.
La main de TEtemel y marqua nos désirs,
Et nos chagrins cruels 8c nos faibles plaisirs.
On voit la Liberté , cette esclave si fière,
Par d’invisibles nœuds en ces lieux prisonnière.