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Tome dixieme.
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148
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Chant septieme. 147

Sous un joug inconnu, que rien ne peut briser,

Dieu sait FaíTujettir sans la tyranniser ;

A ses suprêmes lois d'autant mieux attachée,

Oue fa chaîne à ses yeux pour jamais est cachée ;

Qu’en obéissant même elle agit par son choix,

Et souvent aux destins pense donner des lois.

M O N cher fils, dit Louis, c’est de là que la grâceFait sentir aux humains fa faveur efficace :

C’est de ces lieux sacrés qu’un jour son trait vainqueurDoit partir, doit brûler, doit embraser ton coeur.

Tu ne peux différer, ni hâter ni connaître

Ces momens précieux dont Dieu seul est le maître.

Mais qu’ils font encor loin ces temps , ces heureux tempsOù Dieu doit te compter au rang de ses enfans !

Que tu dois éprouver de faiblesses honteuses !

Et que tu marcheras dans des routes trompeuses ?Retranches, ô mon Dieu , des jours de ce grand roiCes jours infortunés qui l’éloignent de toi.

Mais dans ces vastes lieux quelle foule s’empressc ?Elle entre à tout moment 8c s'écoule fans cesse.

Vous voyez, dit Louis , dans ce sacré séjourLes portraits des humains qui doivent naitre un jour :Des siècles à venir ces vivantes imagesRassemblent tous les lieux, devancent tous les âges.Tous les jours des humains , comptés avant les temps,Aux yeux de l’Eternel à jamais font présens.

Le Destin marque ici l’instant de leur naissance,

L’abaissement des uns, des autres la puissance ,

Les divers changemens attachés à leur fort,

Leurs vices, leurs vertus, leur fortune 8c leur mort.

K a