Chant huitième, i 55
Ouelques-uns en tremblant semblaient porter leurs pas,Affaiblis par leur sang versé dans les combats ;
Mais ces mêmes combats, leur sang 8c leurs blessures,Les excitaient encore à venger leurs injures.
Tous auprès de Mayenne ils viennent se ranger.
Tous le fer dans les mains jurent de le venger.
Telle au haut de l’Olympe, aux champs de Thessalie,Des enfans de la terre on peint la troupe impie,Entassant des rochers 8c menaçant les cieux,
Ivre du fol espoir de détrôner les dieux.
La Discorde à sinisant entr’ouvrant une nue,
Sur un char lumineux se présente à leur vue :
Courage, leur dit-elle, on vient vous secourir;
C’est maintenant, Français, qu'il faut vaincre ou mourir.D’Aumale le premier se lève à ces paroles ;
II court, il voit de loin les lances espagnoles :
Le voilà , cria-t-il, le voilà ce secours ,
Demandé fi long-temps 8c différé toujours :
Amis, enfin l’Autriche a secouru la France.
II dit. Mayenne alors vers les portes s’avance.
Le secours paraissait vers ces lieux révérés,
Ou'aux tombes de nos rois la mort a consacrés.
C E formidable amas d’armes étincelantes,
Cet or, ce fer brillant, ces lances éclatantes ,
Ces casques , ces harnois, ce pompeux appareil,Défiaient dans les champs les rayons du soleil.
Tout le peuple au devant court en foule avec joie ;
Ils bénissent le chef que Madrid leur envoie :
C’était le jeune Egmont, (4) ce guerrier obstiné ,
Ce fils ambitieux d’un père infortuné ;