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Tome dixieme.
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IZ6 la Henriade.

Dans les murs de Bruxelle il a reçu la vie ;

Son père , qu aveugla l'amour de la patrie,

Mourut fur l’échafaud, pour soutenir les droitsDes malheureux Flamands, opprimés par leurs rois.

Le fils, courtisan lâche 8c guerrier téméraire,

Baisa long-temps la main qui fit périr son père,

Servit par politique aux maux de son pays,

Persécuta Bruxelle 8c secourut Paris.

Philippe l’envoyait fur les bords de la Seine,

Comme un dieu tutélaire au secours de Mayenne ;

Et Mayenne avec lui crut aux tentes du roiRapporter à son tour le carnage 8c Beffroi.

Le téméraire orgueil accompagnait leur trace.

Qu’avec plaisir, grand Roi. tu voyais cette audace !

Et que tes vœux hâtaient le moment d’un combat,

Où semblaient attachés les destins de l’Etat ! (ù)

Près des bords de (5) Piton 8c des rives de P EureEst un champ fortuné, P amour de la nature : (c)

La guerre avait long-temps respecté les trésorsDont Flore 8c les zéphyrs embellissaient ces bords.

Au milieu des horreurs des discordes civiles,

Les bergers de ces lieux coulaient des jours tranquilles:Protégés par le ciel 8c par leur pauvreté,

Ils semblaient des soldats braver P avidité,

Et fous leurs toits de chaume, à P abri des alarmes,N’entendaient point le bruit des tambours 8c des armes.Les deux camps ennemis arrivent en ces lieux ;

La désolation par tout marche avant eux.

De P Eure 8c de Piton les ondes s’alarmèrent ;

Les bergers pleins d’effroi dans les bois se cachèrent ;Et leurs tristes moitiés, compagnes de leurs pas,Emportent leurs enfans, gémiffans dans leurs bras.