LA HENRIADE.
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D’Aumale est plus ardent, plus fort, plus furieux ;Turenne est plus adroit k: moins impétueux:
Maître de tous ses sens , animé fans colère ,
II fatigue à loisir son terrible adversaire.
D’Aumale en vains efforts épuise fa vigueur :
Bientôt son bras lassé ne sert plus fa valeur.
Turenne , qui l’observe , aperçoit fa faiblesse ;
II fe ranime alors ; il le pousse, il le presse.
Enfin d’un coup mortel il lui perce le flanc.
D’A u m a l E est renversé dans les flots de son sang ;II tombe ; 8c de l’enfer tous les monstres frémirent ;
Ces lugubres accens dans les airs s’entendirent :
?> De la ligue à jamais le trône est renversé ;
,» Tu l’emportes, Bourbon, notre règne est passé, uTout le peuple y répond par un cri lamentable.D’Aumale sans vigueur, étendu fur le fable,
Menace encor Turenne , 8c le menace en vain ;
Sa redoutable épée échappe de fa main.
II veut parler, fa voix expire dans fa bouche.
L’horreur d’être vaincu rend son air plus farouche.
II fe lève, il retombe , il ouvre un ceil mourant ;
II regarde Paris, 8c meurt en soupirant.
Tu le vis expirer, infortuné Mayenne;
Tu le vis, tu frémis, 8c ta chute prochaineDans ce moment affreux s’offrit à tes esprits.
Cependant des soldats, dans les murs de Paris, ( 1 )Rapportaient à pas lents le malheureux d’Aumale.
Ce spectacle sanglant, cette pompe fataleEntre au milieu d’un peuple interdit, égaré :
Chacun voit en tremblant ce corps défiguré t