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Tome dixieme.
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‘Chant dixieme. 19

Ce front souillé de sang, cette bouche entrouverte,Cette tête penchée 8c de poudre couverte,

Ces yeux où le trépas étale ses horreurs.

On n’entend point de cris, on ne volt point de pleursLa honte, la pitié , rabattement, la crainte ,

Etouffent leurs sanglots 8c retiennent leur plainte ;

Tout se tait 8c tout tremble. Un bruit rempli d’horreurBientôt de ce silence augmente la terreur.

Les cris des affiégeans jusqu’au ciel s’élevèrent ;

Les chefs Sc les soldats près du roi s’assemblèrent :

Ils demandent l’affaut ; mais l’auguste Louis, (b)Protecteur des Français, protecteur de son fils ,Modérait de Henri le courage terrible.

Ainsi des élémens le moteur invisibleContient les aquilons suspendus dans les airs,

Et pose la barrière où se brisent les mers :

II fonde les cités, les disperse en ruines,

Et les cœurs des mortels font dans ses mains divines.Henri, de qui le ciel a réprimé l'ardeur,

Des guerriers qu’il gouverne enchaîne la fureur.

II sentit qu’il aimait son ingrate patrie ;

II voulut la sauver de sa propre furie.

Haï de ses sujets, prompt à les épargner,

Eux seuls voulaient se perdre, il les voulut gagner.Heureux si sa bonté, prévenant leur audace,

Forçait ces malheureux à lui demander grâce !

Pouvant les emporter, il les fait investir;

II laisse à leurs fureurs le temps du repentir.

II ( 2 ) crut que fans assauts, fans combats , fans alarmesLa disette Sc la faim, plus fortes que ses armes,

Lui livreraient fans peine un peuple inanimé ,

Nourri dans l’abondance, au luxe accoutumé ;