Band 
Tome dixieme.
Seite
244
JPEG-Download
 

244 Notes

d 'Holopkcrnc par Judith, On a cu soin, dans Ic poème, de présenter l’exemplede Judith k Jacques Clément , à limitation des prédicateurs de la ligue , quise servaient de récriture sainte pour prêcher le parricide.

Nous citerons ici un passage d’un livre fait par un jacobin, 8c impriméà Troyes chez M. Moreau , peu de temps après la mort de Henri III.

,, De façon que Dieu exauçant la prière de cestui serviteur, nommé frèreJacques Clement , une nuit, comme il était en son lit, lui envoie son angeen vision , lequel avec grande lumière se présente à ce religieux, 8: lui mon-trant un glaive nu , lui dit ces mots : Frère Jacques , je fuis messager duDieu iout-puìjsant , qui te viens acertener que par toi le tyran de France doitêtre mis d mort. Pense donc à toi , <b* te prépare comme la couronne de martyret*eft aujfi préparée.

Cela dit, la vision se disparut 8c le laissa rêver à telles paroles véritables.Le matin venu , frère Jacques se remet devant les yeux l’apparition précé-dente ; 8c douteux de ce qu’il devait faire , s’adresse à un sien ami, aussi reli-gieux , homme fort scientifique 8c bien versé en la sainte écriture , auquel ildéclare franchement sa vision, lui demandant d’abondant si c'était chosedésagréable à Dieu de tuer un roi qui n'a ni foi ni religion, 8c qui ne chercheque l’oppression de ses pauvres sujets, étant altéré du sang innocent, 8c regor-geant en vices autant qu’il est possible. A quoi l’honnête homme fit réponse,que véritablement il nous était défendu de Dieu estroitement d’être homi-cides : niais d'autant que le roi qu’il entendait était un homme distrait 8cséparé de TEgìise, qui bouffait de tyrannies exécrables , 8c qui se déterminaitd’être le fléau perpétuel 8c sans retour de la France , il estimait que celui quile mettrait à mort, comme fit jadis Judith un Holopherne , ferait chose sainte8c très-recommandable. ,,

( 6 ) Catherine de M èdicis avait mis la magie si fort à la mode en France ,qu’un prêtre nommé Sechelles, qui fut brûlé en Crève, sous Henri ///, poursorcellerie , accusa douze cents personnes de ce prétendu crime. L’iguorance8c la stupidité etaient poussées si loin dans ces temps-là , qu’on n’entendaitparler que d’cxorcismes k de condamnations au feu. On trouvait par-tout deshommes assez sots pour se croire magiciens , 8c des juges superstitieux qui lespunissaient de bonne soi comme tels.

( 7 ) Plusieurs prêtres ligueurs avaient fait faire de petites images de cire ,qui représentaient Henri ///8c le roi de Navarre : ils les mettaient sur l’autel,les perçaient pendant la messe quarante jours consécutifs, 8c le quarantièmejour les perçaient au cœur.

( 8 ) C’était pour l’ordinaire des Juifs que l’on se servait pour faire desopérations magiques. Cette ancienne superstition vient des secrets de la cabaledont les Juifs se disaient seuls dépositaires. Catherine dí Mèdicis y la maréchaled'Ancre , 8c beaucoup d’autres , employèrent des juifs à ces prétendussortilèges.