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Tome dixieme.
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DU CHANT SIXIEME.

( 1 ) -L* E sixième 8c le septième chant sont ceux où M. de Voltaire a saitle plus de changemeas. [ * ] Celui qui était le sixième dans la premièreédition de 1723 , est le septième dans sédition de Londres in-4 0 ,8c dans lesautres qui Font suivie ; 8c le commencement de ce chant est tiré du chantneuvième de sédition de 1723. Comme on a plus d’égards dans un poèmeépique à l'ordonnance du desiein qu’à la chronologie , on a placé immédia-tement aprè' la mort de Henri ///les états de Paris , qui ne se tinrent effecti-vement que quatre ans après.

Selon la vérité de Phistoire , Henri le grand assiégea Paris quelque tempsaprès la bataille d’Ivry , en 1590 au mois d’avril. Le duc de Parme lui en fitlever le siège au mois de septembre. La ligue long-temps après , en 1393 ,assembla les états, pour elire un roi à la place du cardinal de Bourbon , qu’elleavait reconnu fous le nom de Charles X , 8c qui était mort depuis deux ans8; demi *. 8c fur la fin de la même année 1593 , au mois de juillet, lc roisit ion abjuration dans Saint-Denis, 8c n’entra dans Paris qu’au mois demars 1594.

De tous ces événemens , on a supprimé sarrivée du duc de Parme 8c leprétendu règne de Charles cardinal de Bourbon : il est aisé de s’apercevoirque faire paraître le duc de Parme fur la scène , eût été diminuer la gloirede Henri IV le héros du poëme, 8c agir précisément contre le but dePouvrage ; ce qui serait une faute impardonnable.

A regard du cardinal de Bourbon , ce n’était pas la peine de blesser Puni té,si essentielle dans tout ouvrage épique , en faveur d’un roi en peinture telque ce cardinal : il serait aussi inutile dans le poëme, qu'il le fut dans le partide la ligue. Ln un mot, on passe fous silence le duc de Parme , parce qu'ilétait trop grand , 8: le cardinal de Bourbon , parce qu’il était trop petit. Ona été obligé de placer les états de Paris avant le siège, parce que si on les eûtmis dans leur ordre , on n’aurait pas eu les mêmes occasions de mettre dansleur jour les vertus du héros ; on n’aurait pas pu lui faire donner des vivresaux assiégés, ni le faire aussitôt récompenser de sa générosité. D’ailleuis les

[ * j Quand on imprima la Henriade en 1723 , fous le nom de la ligue ,cet ouvrage n’était pas encore achevé. II fut imprimé mème avec beaucoupde lacunes , fur une copie qui fut dérobée à fauteur, 8c qui fut beaucoupaltérée â lïmpression.

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