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Tome dixieme.
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du Chant huitième. 271

8c des privilèges. Jls ne songèrent ni Tun ni l’autre à rendre moins onéreusesles lois fiscales : si elles furent moins dures fous Sully , il faut moins en fairehonneur à son caractère qu’aux circoustances,qui n’auraient point permis cetabus de l’autorité royale.

En un mot Sully fut un homme vertueux pour son siècle , parce qu'onn'eut à lui reprocher aucune action regardée dans son siècle comme vile oucriminelle ; mais on ne peut dire qu’il fut un grand ministre , k encoiemoins le proposer pour modèle. Un général, qui de nos jours ferait la guerrecomme du Gtujclin , serait vraisemblablement battu.

Sully eut des défauts 8: des faiblesses. Ami de Henri IV, il était trop jalouxde fa faveur ; fier avec les grands ses égaux , il eut avec ses inse rieurs toutesles petitesses de la vanité ; fa probité était incorruptible ; mais il aimait às’enrichir , 8c ne négligea aucun des moyens regardés alois comme permis.Obligé de fe retirer après la mort dc Henri IV, il eut la faiblesse de regretterfa place, 8c de se conduire en quelques occasions comme s’il eût dcíiré d'avoirpart au gouvernement incertain k orageux de Louis XIII . II est vrai que lemot edebre cité par M. de Voltaire est une belle réparation de celte faiblesse,si pourtant elle est aussi réelle que l'ont prétendu ses ennemis.

Nangis , homme d'un grand mérite 8e d'une véritable vertu : il avaitconseille à Henri II1 de ne point faire assassiner le duc de Guise , mais d’avoirle courage de le juger selon les lois.

Crillon était surnommé le brave. II offrit à Henri IV de se battre contrece même duc de Guise . C’est à ce Crillon que Henri le grand écrivit : Pends -

toi , brave Crillon , nous avons combattu à Arques, & tu n'y étais pas .

Adieu , brave Crillon , je vous aime à tort & d travers,

( 11 ) Henri de la Tour (POrliegues , vicomte de Turenne , maréchal deFrance. Henri le grand le maria à Charlotte de la Mark , princesse de Sedan,en 1591. La nuit de ses noces le maréchal alla prendre Stcnay d assaut.

(r 2) La souveraineté de Sedan, acquise par Henri de Turenne , fut perduepar Frédéric Maurice , duc-de Bouillon , son fils , qui ayànt trempé dans la.conspiration de Cinq-Mars contre Louis XIII , ou plutôt contre le cardinalde Richelieu , donna Sedan pour conserver fa vie : il eut, en échange de sasouveraineté, de très-grandes terres plus considérables en revenu, mais qui.donnaient plus de richesses k moins de puissance.

( 13 ) Claude , duc de la Trimouille , était à la bataille d’Ivry. 11 avaitun grand courage 8e une ambition démesurée , de grandes richesses , 8e étaitle seigneur 1e plus considérable parmi les calvinistes. II mourut à trente*huit ans.