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Tome dixieme.
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filin

le Tasse.

Le Tajje fait voir, comme il le doit , les croisadesdans un jour tout opposé. C’est une armée de hérosqui, fous la conduite d’un chef vertueux, vientdélivrer du joug des infidelles une terre consacrée parla naissance 8c la mort d’un Dieu. Le sujet de laJérusalem, à le considérer dans ce íens, est le plusgrand qu’on ait jamais choisi. Le Tajfe l’a traité digne-ment : il y a mis autant d’intérêt que de grandeur.Son ouvrage est bien conduit ; presque tout y est liéavec art ; il amène adroitement les aventures ; ildistribue sagement les lumières 8c les ombres. II faitpasser le lecteur des alarmes de la guerre aux délicesde l’amour, 8c de la peinture des voluptés il le ramèneaux combats ; il excite la sensibilité par degrés ; ils’élève au-dessus de lui-même de livre en livre. Sonstyle est presque par-tout clair 8c élégant ; 8c lorsqueson sujet demande de l’élévation , on est étonnécomment la mollesse de la langue italienne prend unnouveau caractère sous ses mains , 8c íe change enmajesté 8c en force.

On trouve, il est vrai, dans la Jérusalem environdeux cents vers où fauteur se livre à des jeux de mots8c à des concetti puériles : mais ces faiblesses étaient uneespèce de tribut que son génie payait au mauvais goûtde son siècle pour les pointes , qui même a augmentédepuis lui, mais dont les Italiens font entièrementdésabusés.

Si cet ouvrage est plein de beautés qu’on admirepar-tout, il y a auffi bien des endroits qu’on n'ap-prouve qu’enItalie, Sc quelques-uns qui ne doiventplaire nulle part. II me semble que c’est une saute partout pays d’avoir débuté par un épisode qui ne tientSuite de la Henriade, B b