Band 
Tome dixieme.
Seite
396
JPEG-Download
 

3 9 6 Dom Alonzo d’Ercilla.

a sait naître des pensées neuves. J’en présenterai uneau lecteur pour échantillon, comme une étincelle dubeau feu qui animait quelquefois fauteur.

55 Les Araucaniens, dit-il , furent bien étonnés de55 voir des créatures pareilles à des hommes, portant55 dufeu dans leurs mains 8c montées fur des monstres,55 qui combattaient fous eux; ils les prirent d’abord55 pour des Dieux descendus du ciel , armés du55 tonnerre 8c suivis de la destruction , Sc alors ils fe55 soumirent, quoiqu’avec peine. Mais dans la fuite55 s’étant familiarisés avec leurs conquérans, ils con-ss nurent leurs pallions 8c leurs vices, 8c jugèrent que55 c’étaient des hommes. Alors honteux d’avoir stre-ss combé fous des mortels semblables àeux, ilsjurèrents s de laver leur erreur dans le sang de ceux qui savaient5 5 produite, 8c d’exercer sur eux une vengeance exem-5 5 plaire, terrible 8c mémorable, ss

II est à propos de faire connaître ici un endroit dudeuxième chant, dont le sujet ressemble beaucoupau commencement de l’Iliade.Sc qui, ayant été traitéd’une manière différente, mérite d’être mis fous lesyeux des lecteurs qui jugent fans partialité. La pre-mière action de l’Araucana est une querelle qui naîtentre les chefs des barbares, comme dans Homèreentre Achille 8c Agamemnon. La dispute n’arrive pasau sujet d’une captive ; il s’agit du commandementde l’armée. Chacun de ces généraux sauvages vanteson mérite 8c ses exploits ; enfin la dispute s’échauffetellement qu’ils font prêts d’en venir aux mains.Alors un des caciques nommé Colocolo , aussi vieuxque Nejlor , mais moins favorablement prévenu en fafaveur que le héros grec, fait la harangue suivante.